
On a dit qu'il était passé
par le tamis des songes,
qu'il avait les reins fiévreux d'un chat,
qu'il retenait son âme avec les dents —
lambeau d'air et de bleu.
André Velter
Le petit théâtre de NÛSSOUMELOK Ier, roi de Nulle Part
Le véritable voyageur "c'est celui qui, en chaque pays parcouru, par la seule rencontre des autres et l'oubli nécessaire de lui-même, y recommence sa naissance."
On a dit qu'il était passé
par le tamis des songes,
qu'il avait les reins fiévreux d'un chat,
qu'il retenait son âme avec les dents —
lambeau d'air et de bleu.
André Velter
Libellés : photos, poésie, Velter André
Si la lumière s'éteint, tu restes seul dans la nuit,
et ce sont tes yeux ouverts qui t'éclairent.
Philippe Jaccottet
Libellés : Jacccottet Philippe, N et B, photos, poésie
Rien, cette écume, vierge vers
À ne désigner que la coupe ;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l'envers.
Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l'avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d'hivers ;
Une ivresse belle m'engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut
Solitude, récif, étoile
À n'importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile.
Stéphane Mallarmé
Libellés : Mallarmé Stéphane, photos, poésie
- Vers l'Azur attendri d'Octobre pâle et pur
Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie
Et laisse, sur l'eau morte où la fauve agonie
Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,
Se traîner le soleil jaune d'un long rayon.
Stéphane Mallarmé
Libellés : Mallarmé Stéphane, photos, poésie, reflets
Je rêve aux images élémentaires, aux rêves que d'autres, en d'autres situations, d'autres temps et lieux, en des corps différents surtout...ont pu avoir. Leurs images de base - fondements de leur tempérament -, répondant à leurs faims, leurs besoins, leurs penchants, si je pouvais les voir..., à leur débouché comme elles leur arrivent dans l'abandon nocturne, lorsque des accidents de la vie, y ayant jeté le trouble, celui-ci alors les leur remet brusquement en lumière, en désordre, à la diable, groupés avec de l'hétérogène, dans une simultanéité inattendue - baroque et cocasse accord d'un merveilleux sans pareil, ambigu et traître -
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moi, directement me nourrissant de leur matérialité muée.
Henri Michaux
Libellés : Michaux Henri, photos, reflets, textes
Patience, patience,
Patience dans l'azur !
Chaque atome de silence
Est la chance d'un fruit mûr !
Paul Valéry
Libellés : photos, poésie, Valéry paul
(...)
Il se dit : "Mais voilà, je me suis dépris, et il m'y a fallu du temps, mais je me suis dépris quand même."
Alors il est heureux, il ne voit qu'une chose : c'est qu'il est vivant. Il a des yeux qui lui servent à voir, une bouche qui respire, un corps (et il le tâte) pour aller comme il veut, où il veut, tant qu'il veut.
Il voit qu'il a une voix aussi qui lui revient, parce que les mots qu'il pense à présent se forment à mesure avec bruit sur sa langue; une voix qui va plus vite que lui et qui court en avant de lui pour l'annoncer comme ferait un chien.
(...)
Charles-Ferdinand Ramuz, Derborence
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