dimanche 27 juin 2010

Araboth



Quand on a que l'amour
à offrir en partage...

jeudi 24 juin 2010

3,14...




Me dit que je suis aveugle, ce que je vois.

Antonio Porchia

mercredi 23 juin 2010

Elfe




Doucis-toi, doucis-toi...
Défeuille-toi de turbulence
nudité d'excessive présence,
reprend ta robe ombrageante
doucie de fragile innocence.

Rina Lasnier

lundi 21 juin 2010

Dévoilement, évidement




Je ne suis que le fil mince qui s'embrase sous le courant trop fort pour lui, et qui se brûle en voulant éclairer les arêtes des choses. Et quand ce fil sera rompu, et que l'aveugle reprendra le monde, chaque objet continuera d'être ce qu'il avait été, sans que rien de mon regard ait pu le créer.

J.M.G. Le Clézio

vendredi 18 juin 2010

Géographie du Rien




Parce qu'ils savent le nom de ce que je cherche, ils croient qu'ils savent ce que je cherche !

Antonio Porchia

mercredi 16 juin 2010

Plaisir d'amour




Mais il est bien court le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreille...
Cerises d'amour aux robes vermeilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang...
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !

Extrait de la chanson Le temps des cerises

lundi 14 juin 2010

Mundus imaginalis




On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux.

Antoine de Saint-Exupéry

samedi 12 juin 2010

Illumination vespérale (triphasée)




où il y a des hommes
il y a aussi des mouches
il y a des Boudhas

Issa

mercredi 9 juin 2010

Illumination vespérale (monophasée)




Sa lumière est comparable à une niche
où se trouve une lampe.
La lampe est dans un verre ;
Le verre est semblable à une étoile brillante
Cette lampe est allumée à un arbre béni :
l'olivier qui ne provient
ni de l'Orient ni de l'Occident
et dont l'huile est près d'éclairer sans que le feu
la touche
Lumière sur lumière !

Salah Stétié, Lumière sur lumière ( extrait de la sourate al-Nour)

dimanche 6 juin 2010

Narcisse




pas simple en ce monde d'être né humain

Issa

jeudi 3 juin 2010

Entre-là




par la fente de la porte entrent à la fois la bise
et le clair de lune

Abbas Kiarostami, Havres
(traduction Tayebeh Hashemi et Jean-Restom Nasser)

mardi 1 juin 2010

L'oeil a-t-il disparu ?




Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre
Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,
L'œil était dans la tombe et regardait Caïn.

Victor Hugo

dimanche 30 mai 2010

Étonneuse




Tout est rythme. Comprendre la beauté, c'est parvenir à faire coïncider son rythme propre avec celui de la nature. Chaque chose, chaque être a une indication particulière. Il porte en lui son chant. Il faut être en accord avec lui jusqu'à se confondre.

J.M.G. Le Clézio

mercredi 26 mai 2010

Equation (personnelle)




Ce que j'ai perdu, je le trouve à chaque pas, qui me rappelle que je l'ai perdu.

Antonio Porchia

mardi 25 mai 2010

Le jour parmi le jour




Le jour parmi le jour c'est lumière

Salah Stétié

samedi 22 mai 2010

For intérieur




Je porte les mains vides, pour ce qu'il y eut dans mes mains.

Antonio Porchia

jeudi 13 mai 2010

Lumières sur lumières




Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais.

Romain Gary

dimanche 9 mai 2010

Cristallin




Dans le temps qu'on apprend, on ignore par où on apprend.

Antonio Porchia

jeudi 6 mai 2010

Stupéfait tout le temps




Être vivant, c'est d'abord savoir regarder. Pour ceux dont la vie n'est pas sûre, regarder est une action. C'est la première jouissance effective de l'être vivant. Il est né. Le monde est autour de lui. Le monde est en lui. Il le voit. Il le regarde. Les yeux bougent, s'orientent ensemble, les prunelles fixent les choses. Les formes sont. Rien ici n'est immobile. Tout bouge, bouge, bouge à la folie. Le regard donne son mouvement au monde. Il le façonne. Il tâte les angles, suit le contour des lignes, des arrondis, des droites. Il se pose, il goûte les couleurs. Rouge. Blanc. Bleu. Bleu encore, mais plus sombre. Vert. Autre rouge. Autre blanc. Pas une couleur pareille. Toutes se font et se défont à chaque regard. Il ne faut pas s'habituer. Il faut être stupéfait tout le temps, par chaque nouvelle vision.

J.M.G. Le Clézio

mardi 4 mai 2010

Flottement vénitien




Mon amour, le désespoir est une discipline du soir de ce moment soudain léger où les poids semblent envolés de ce moment perfide dont j'essaye d'écrire la couleur
Mon amour l'ivresse des choses uniques installe sa dentelle

La vie soudain exaltée est sublime et dérisoire
Tu entres dans l'inconstance du temps, les solides se liquéfient, l'air est sensible au geste

Fumi Yusano

samedi 1 mai 2010

Mélé Tunès




Combien, fatigués de mentir, se suicident en n'importe quelle vérité.

Antonio Porchia

mercredi 28 avril 2010

L'homme




Dans le silence. Avec le froid. Avec le chaud.
Face aux rochers. Entouré de murs.
Douloureux. Inquiet.
Ou bien joyeux, étalé par le plaisir filtrant.
Comme une prière à dire dans sa solitude, ni pour demander, ni pour remercier, mais pour être humble.
Pour qu'il n'écrive, ne représente, ne chante que sa condition.
Avec les animaux, prisonnier de sa gangue de chair.
Velu, fragile, odoriférant.
Avec la mort qui l'attend, qui structure sa vie, qui le marque du temps.
Sur sa boule ronde, petit, plus petit qu'une fourmi.
Groupé autour de la stèle magique, embrassant la pierre noire, homme pitoyable. Et qui pleure tourné vers l'horizon, parce qu'il est petit parmi les petits.
Pour qu'il se taise longtemps, et n'ose faire que des choses lucides et vraies.
Homme groupé, écrasé, priant.
Adore.
Adore.

J. M. G. Le Clézio

lundi 26 avril 2010

Et si le ciel était vide...




Toute chose existe par le vide qui l'entoure.

Antonio Porchia

samedi 24 avril 2010

Soupir...




Mais vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer.

Arthur Rimbaud

mercredi 21 avril 2010

Tri(e)ste




Il faudra bien qu'un jour j'étouffe le nomade,
Mais au coin de quel quai et dans quel port de mer,
(...)
Sur le seuil de quel bar, écœuré d'exotisme,
Aurai-je assez de force et le goût de tuer ?

Louis Brauquier

vendredi 2 avril 2010

Que ma joie demeure




Ne renoncez à rien. Ni au bonheur, ni à l'amour, ni à la colère, ni à l'intelligence. N'hésitez pas; prenez le plaisir dans le plaisir, l'orgueil dans l'orgueil. Si on vous cherche querelle, emportez-vous. Si on vous frappe, répondez. Parlez. Cherchez le bonheur, aimez vos biens, votre argent. Possédez. Petit à petit, sans ostentation, prenez tout ce qui est utile, et tout ce qui est inutile aussi, et vivez dans l'essentiel. Puis, quand vous aurez tout pris sur cette terre, prenez-vous vous-même : enfermez-vous dans une seule grande chambre grise et froide, aux murs nus. Et là, tournez-vous vers vous-même, et visitez-vous, visitez-vous tout le temps.

J.M.G. Le Clézio

samedi 20 mars 2010

Être




Que de gènes insatisfaits en tous, en chacun !
Et toi aussi, tu pouvais être autre, tu pouvais même être quelconque et ... l'accepter.
Quel être t'es-tu mis à être ?

Henri Michaux

vendredi 12 mars 2010

Faim, soif, cris, danse, danse, danse !




Plus de mots. J'ensevelis les morts dans mon ventre.
Cris, tambour, danse, danse, danse !

Arthur Rimbaud

jeudi 18 février 2010

Buisson ardent




Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.

François Villon

dimanche 14 février 2010

Dame de trèfle




J'ai bientôt déniché la bottine, le bas...
- Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres.

Arthur Rimbaud

dimanche 31 janvier 2010

Ode au pain




Nous irons, couronnés
d’épis,
conquérir
terre et pain pour tous,
et alors
la vie aussi
aura forme de pain,
elle sera simple et profonde,
innombrable et pure.


Pablo Neruda

mardi 12 janvier 2010

Plis et repli




Lasse et bonne une femme s'attardait
Près du trône de Dieu ; et Lui,
Il fit de l'univers un grand chemin d'herbe
Pour ses pas vagabonds.

W. B. Yeats

samedi 2 janvier 2010

Tête à tête




métamorphose du même dans toutes ses solitudes...

samedi 12 décembre 2009

Anamorphose




Mon amour j'ai parcouru toutes les pages en vain mais sans regret, étais-tu là, tapi dans la pénombre des lettres usées, dans ces signes si fragiles dont le parcours m'est familier, cette avenue prendra-t-elle fin, quel livre encore à lire pour y trouver cette goutte de l'élixir secret, mon amour, inconnu, infiltré dans les rainures des parois de calcaire, glissant entre les platanes tachés, attendant ton tour dans la foule de la procession domestique, je n'abandonne rien au hasard

Fumi Yosano

mercredi 25 novembre 2009

Ô solitude




Ce ne peut être que la fin du monde, en avançant.

dimanche 22 novembre 2009

Le narcissiste




Autoportrait malgré une trompeuse apparence d'altérité.

vendredi 20 novembre 2009

Confusion




Elle veut, elle veut, pourtant, l'âme en détresse,
Le front dans l'oreiller creusé par les cris sourds,
Prolonger les éclairs suprêmes de tendresse,
Et bave... - L'ombre emplit les maisons et les cours.

Arthur Rimbaud

mercredi 18 novembre 2009

Relique de l'innomée




Viennent des ères de silence, des ères de sécheresse et de pierre. Parfois, un soir quelconque, un jour sans nom, une Parole tombe et se pose légèrement sur cette terre sans passé.

Octavio Paz

mardi 10 novembre 2009

Enveloppement




Personne n'est lumière de soi : pas même le soleil.

Antonio Porchia

jeudi 5 novembre 2009

Curieuse engeance




Certains, allez savoir pourquoi, presque toujours les mêmes, excellent dans l'art de faire la gueule. Curieuse engeance...

mardi 3 novembre 2009

L'impromptue




Ne proclame pas tes buts. Même et surtout si tu les vois, ou crois les voir. Au départ déjà, te restreindre !

Henri Michaux

dimanche 1 novembre 2009

Voyeur




Comme les pierres du Commencement
Comme le commencement de la Pierre
Comme le commencement pierre contre pierre
Voici les fastes de la nuit :
Le poème encore sans visage
Le bois encore sans arbres
Les chants encore sans nom

À pas de léopard c'est l'irruption de la lumière
La parole se lève ondule tombe
Et c'est une grande blessure un silence sans tâche.

Octavio Paz

jeudi 29 octobre 2009

Miniature




Le soleil illumine la nuit, il ne la change pas en lumière.

Antonio Porchia

samedi 24 octobre 2009

Alter ego




Et la splendeur des cartes, chemin abstrait vers l'imaginaire concret,
Lettres et traits irréguliers ouvrant sur la merveille !

Fernando Pessoa

mardi 13 octobre 2009

L'embrasement




Le soir ?... Nous reprendrons la route
Blanche qui court
Flânant, comme un troupeau qui broute,
Tout à l'entour

Les bons vergers à l'herbe bleue
Aux pommiers tors !
Comme on les sent toute une lieue
Leurs parfums forts !

Nous regagnerons le village
Au ciel mi-noir ;
Et ça sentira le laitage
Dans l'air du soir ;

Ça sentira l'étable, pleine
De fumiers chauds,
Pleine d'un lent rythme d'haleine,
Et de grands dos

Blanchissant sous quelque lumière ;
Et, tout là-bas,
Une vache fientera, fière,
À chaque pas...

Arthur Rimbaud

dimanche 11 octobre 2009

Contorsions




L'intemporel n'est pas plus occulté par le temporel que le temporel n'est occulté par l'intemporel. C'est entre tes mains, tout cela, l'un comme l'autre.

Henri Michaux

mardi 6 octobre 2009

je te tiens tu me tiens




...
Et vagabond d'un Monde absent
J'entraîne avec moi la nuit
Et la douleur avide de mes désastres obscurs
Et ma face est détruite et mon enfance en pleur.
Ma chute s'accomplit dans le silence
Ou des voix retentissent déchirantes et brisées
Ma chute illimitée vertigineuse et sans grandeur.

Jacques Prevel

dimanche 4 octobre 2009

Etouffe l'âme




J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.

Arthur Rimbaud

vendredi 2 octobre 2009

De la verticalité du monde




Si nul ne le rêvait
comment pourrait-il s'étoiler ?
L'homme a peu de racines
dans le bleu qui monte.

Fernand Ouellette

mardi 22 septembre 2009

Sabbat




Le haut étang fume continuellement. Quelle sorcière va se dresser sur le couchant blanc ? Quelles violettes frondaisons vont descendre ?

Arthur Rimbaud