lundi 2 janvier 2012

Tordu




Et si tu es quelqu'un dans ce qui est le tout, tu es quelqu'un de ce qui est le tout et dans ce qui est le tout, non quelqu'un de ce que tu es et dans ce que tu es. De ce que tu es et dans ce que tu es, tu n'es personne dans ce qui est le tout. Tu n'existes pas.

Antonio Porchia

lundi 30 mai 2011

Dilemme




L'homme juge tout de la minute présente, sans comprendre qu'il ne juge qu'une minute : la minute présente.

Antonio Porchia

dimanche 29 mai 2011

La traversée du miroir




Nous voyons par quelque chose qui nous illumine ; par quelque chose que nous ne voyons pas.

Antonio Porchia

samedi 19 février 2011

Eclipse




La matière, seulement matière, n'est pas palpable.

Antonio Porchia

lundi 24 janvier 2011

Prolongements




Ce qui est hors de moi est une imitation mal faite de ce qui est en moi.

Antonio Porchia

mardi 7 décembre 2010

Masque de neige




Je suis un habitant, mais d'où ?

Antonio Porchia

samedi 27 novembre 2010

De traverse




Pour s'élever il faut s'élever, mais il faut aussi qu'il y ait hauteur.

Antonio Porchia

jeudi 11 novembre 2010

Porte à porte




Non, je n'entre pas. Car si j'entre il n'y a personne.

Antonio Porchia

samedi 6 novembre 2010

Rêve petit-bourgeois




Parfois ce que je désire et ce que je ne désire pas se font tant de concessions qu'ils en viennent à se ressembler.

Antonio Porchia

dimanche 31 octobre 2010

Je t'ignore, tu m'ignores




L'humanité ne sait plus où aller, parce que personne ne l'attend : pas même Dieu.

Antonio Porchia

mardi 26 octobre 2010

Effeuillage




L'enfant montre son jouet, l'homme le cache.

Antonio Porchia

jeudi 21 octobre 2010

Histoire de vessie et de lanterne




Où brille la moindre lampe, je n'allume pas la mienne.

Antonio Porchia

dimanche 17 octobre 2010

Sur le carreau




Où regardent mes yeux, là sont mes yeux qui regardent.

Antonio Porchia

samedi 9 octobre 2010

La porte étroite




On m’ouvre une porte, j’entre et me trouve devant cent portes fermées.

Antonio Porchia

vendredi 17 septembre 2010

La force des choses




Le rosier : tu l'as vu couvert de roses, tu l'as vu avec une seule rose, tu l'as vu sans aucune. Et jamais tu ne l'as vu avec une rose de plus ou de moins. C'est que tu as vu le rosier.

Antonio Porchia

vendredi 3 septembre 2010

Noir c'est noir (2)




Que dirais-je de l'humanité d'aujourd'hui ?
Je dirais que ses rues sont larges.

Antonio Porchia

mercredi 25 août 2010

Sur le fil




Certaines choses se font nôtres à ce point que nous les oublions.

Antonio Porchia

dimanche 1 août 2010

Jeu d'enfant




Ombres : les unes cachent, les autres découvrent.

Antonio Porchia

mercredi 28 juillet 2010

Ni ciel ni terre




Une aile n'est ciel ni terre.

Antonio Porchia

samedi 17 juillet 2010

Ces gens qui sont des arbres (2)




Je parle en pensant que je ne devrais pas parler : ainsi je parle.

Antonio Porchia

jeudi 24 juin 2010

3,14...




Me dit que je suis aveugle, ce que je vois.

Antonio Porchia

vendredi 18 juin 2010

Géographie du Rien




Parce qu'ils savent le nom de ce que je cherche, ils croient qu'ils savent ce que je cherche !

Antonio Porchia

mercredi 26 mai 2010

Equation (personnelle)




Ce que j'ai perdu, je le trouve à chaque pas, qui me rappelle que je l'ai perdu.

Antonio Porchia

samedi 22 mai 2010

For intérieur




Je porte les mains vides, pour ce qu'il y eut dans mes mains.

Antonio Porchia

dimanche 9 mai 2010

Cristallin




Dans le temps qu'on apprend, on ignore par où on apprend.

Antonio Porchia

samedi 1 mai 2010

Mélé Tunès




Combien, fatigués de mentir, se suicident en n'importe quelle vérité.

Antonio Porchia

lundi 26 avril 2010

Et si le ciel était vide...




Toute chose existe par le vide qui l'entoure.

Antonio Porchia

mardi 10 novembre 2009

Enveloppement




Personne n'est lumière de soi : pas même le soleil.

Antonio Porchia

jeudi 29 octobre 2009

Miniature




Le soleil illumine la nuit, il ne la change pas en lumière.

Antonio Porchia

mercredi 8 juillet 2009

Clepsydre




Ma mémoire aujourd'hui est un million de noms, de personnes et de choses, presque sans personnes et sans choses.

Antonio Porchia

samedi 27 juin 2009

Si tu vas ton chemin




On dira que tu vas par un chemin d'erreur, si tu vas ton chemin.

Antonio Porchia

vendredi 26 juin 2009

Autoportrait sans traits




Quand je dis ce que je dis, c'est parce que m'a vaincu ce que je dis.

Antonio Porchia

jeudi 25 juin 2009

L'espace d'un frôlement




Hommes et choses, montent, descendent, s'éloignent, se rapprochent. Tout est comédie de distances.

Antonio Porchia

lundi 15 juin 2009

Lève les yeux




Si tu ne lèves pas les yeux, tu croiras que tu es le point le plus haut.

Antonio Porchia

mardi 2 juin 2009

Moi et la mer




Nous étions, moi et la mer. Et la mer était seule et moi seul. Un des deux manquait.

Antonio Porchia

lundi 1 juin 2009

Anatomie d'une solitude (2)




Avant cela, qu'y eut-il ? Et après cela qu'y eut-il ? Et cela, que fut-il ?

Antonio Porchia

dimanche 10 mai 2009

Viatiques




Le profond, vu avec profondeur, est surface.

Antonio Porchia

mardi 21 avril 2009

À un pas de tout




Je suis arrivé à un pas de tout. Et là je reste, loin de tout, à un pas.

Antonio Porchia

dimanche 12 avril 2009

La quête du Simorgh




Avant de parcourir mon chemin j'étais mon chemin.

Antonio Porchia

samedi 11 avril 2009

Exit




Et si tu trouves quelque chose encore, tu n'as pas tout perdu. Il te reste à perdre quelque chose encore.

Antonio Porchia

mardi 7 avril 2009

Prêchi-prêcha




Il y a longtemps que je ne demande rien au ciel et mes bras ne sont toujours pas retombés.

Antonio Porchia

dimanche 22 mars 2009

Vagabondage




Quand je rencontre une idée qui n'est pas de ce monde, c'est comme si pour moi grandissait le monde.

Antonio Porchia

dimanche 22 février 2009

Ces gens qui sont des arbres




L'homme, quand il est seulement ce que semble être l'homme, n'est presque rien.

Antonio Porchia

mardi 10 février 2009

Holà !



Honoré Daumier, Crispin et Scapin.

Depuis que moi seul sais ce qui m'arrive, il ne m'arrive rien.

Antonio Porchia

dimanche 8 février 2009

Fruits défendus




Ont pouvoir sur moi, plus que tous les infinis, mes trois ou quatre habitudes innocentes.

Antonio Porchia

mercredi 4 février 2009

Humanimalité




La douleur humaine, quand elle dort, n'a pas de forme. Si on la réveille, elle prend la forme de qui la réveille.

Antonio Porchia

lundi 5 janvier 2009

En vain se donne à tes yeux...




En vain se donne à tes yeux ce qui se donne à tes yeux, si tu n'as personne à qui en rendre grâce.

Antonio Porchia

samedi 20 décembre 2008

Nature et culture




Un ami, une fleur, une étoile ne sont rien, si tu ne mets en eux un ami, une fleur, une étoile.

Antonio Porchia

mardi 28 octobre 2008

Automnales



















J'ai trouvé le plus beau des fleurs dans les fleurs tombées.

Antonio Porchia