mercredi 29 août 2012

Transaction


 Conclusion


lundi 2 janvier 2012

Tordu




Et si tu es quelqu'un dans ce qui est le tout, tu es quelqu'un de ce qui est le tout et dans ce qui est le tout, non quelqu'un de ce que tu es et dans ce que tu es. De ce que tu es et dans ce que tu es, tu n'es personne dans ce qui est le tout. Tu n'existes pas.

Antonio Porchia

mercredi 12 octobre 2011

Tendre soir d'octobre




Le brouillard jaune qui frotte aux croisées son échine,
Le brouillard jaune qui frotte aux croisées son museau
A couleuvré sa langue dans les recoins du soir,
A traîné sur les mares qui stagnent aux égouts,
A laissé choir sur son échine la suie qui choit des cheminées,
Glissé le long de la terrasse, bondi soudain,
Et voyant qu'il faisait un tendre soir d'octobre,
S'est enroulé autour de la maison, puis endormi.

T.S. Eliot

dimanche 21 août 2011

Le balcon




Si j'étais celui que je suis
je ne serai pas ce que je suis

samedi 13 août 2011

On voit, oui. Mais quoi ?




- On voit, oui. Mais quoi ?
- Ce qu'on entend.
- Comment ça ?
- Des images dans l'oreille.
- Dans l'oreille ?
- Oui, là où parle la voix.
- Et que dit-elle ?
- Ce qu'on voit.

Jacques Ancet

jeudi 11 août 2011

Autoportrait rouge




Alors, montrer, plutôt que dire ? Ou dire des mots qui montrent - qui disent ce qu'ils montrent et montrent ce qu'ils disent ? Ou les deux ? Quand dire c'est montrer, les mots sont des doigts. Au bout de chacun, ce qu'on ne sait pas dire - qu'on montre : plume, buisson, visage. Silence, on ne le montre pas, on l'écoute. Et qu'est-ce qu'on entend ? Ce qu'on voit s'approcher, peut-être, et qu'on ne veut pas voir. Lui, peut-être. On écoute mieux. On voit presque la nuit - et c'est le jour. Ou l'inverse. On se dit que lui, c'est ça. Ce visage sans visage. On le sent tout près, juste derrière. Ou très loin. Ou ni près ni loin mais là, simplement. Quand même, on fait un geste de mots. On se demande ce qu'il montre.

Jacques Ancet

samedi 9 juillet 2011

D'un pas ferme




je vais d'un pas
ferme
sur un chemin
à l'issue incertaine

Abbas Kiarostami

lundi 20 juin 2011

Choses




Tout comme le corps est assujetti aux mots pour devenir habitable au sujet, les choses doivent devenir des mots pour que l'homme accède à leur présence.

Pierre Legendre

lundi 30 mai 2011

Dilemme




L'homme juge tout de la minute présente, sans comprendre qu'il ne juge qu'une minute : la minute présente.

Antonio Porchia

dimanche 29 mai 2011

La traversée du miroir




Nous voyons par quelque chose qui nous illumine ; par quelque chose que nous ne voyons pas.

Antonio Porchia

vendredi 27 mai 2011

Eaux troubles


pleurer
ce n'est pas que verser des larmes
c'est faire des ricochets
parfois
à la surface des rivières
Alireza Roshan, Jusqu'à toi combien de poèmes
(Recueil traduit du persan par Tayebeh Hashemi et Jean-Restom Nasser)

jeudi 26 mai 2011

Rossinante (4)


mercredi 25 mai 2011

Rossinante (3)


mardi 24 mai 2011

Rossinante (2)






mercredi 18 mai 2011

Rossinante



dimanche 15 mai 2011

Un certain regard




Autoportrait au cheval

lundi 9 mai 2011

Flamboiement




Et les marteaux chantaient
sur les enclumes somnambules
l'insomnie du cheval

Fédérico Garcia Lorca

dimanche 24 avril 2011

L'enfer




Au milieu du chemin de notre vie
je me retrouvai par une forêt obscure,
car la voie droite était perdue.

Dante

samedi 5 mars 2011

Le cri




Ris avec tes cris, crie avec tes rires.

samedi 19 février 2011

Eclipse




La matière, seulement matière, n'est pas palpable.

Antonio Porchia

vendredi 18 février 2011

Part d'ombre




Je ne pense rien je ne comprends rien
Je suis comme une pierre qui retrouverait sa forme primitive
Quand elle fut rejetée sur une plage déserte
Et que tout commença et se perdit de la même façon

Jacques Prevel

dimanche 13 février 2011

Ni l'ombre ni la lumière




Pas même la certitude de marcher à la rencontre
Du vide et du silence

Jacques Prevel

vendredi 11 février 2011

Quelque chose se passe




ثورة حتى النصر
La révolution jusqu'à la victoire

lundi 7 février 2011

Parallèles




Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

Arthur Rimbaud

samedi 5 février 2011

Fin de partie




Hier, la fleur pâlie!... hier, le rocher sombre
Qui, géant, se dressait, et qu'a rongé le flot!
Hier, un soleil mort! une gloire dans l'ombre!
Hier!... qui fut ma vie, et qui n'est plus qu'un mot!...

Stéphane Mallarmé

mardi 1 février 2011

Ô solitude




Qu'on ne lui couvre pas le visage de mouchoirs
afin qu'il s'habitue à la mort qu'il porte.
Pars, Ignacio: ne regrette pas le chaud mugissement.
Dors, vole, repose : la mer aussi se meurt!

Federico Garcia Lorca

mardi 25 janvier 2011

Racines de lumière




Seulement, chacun a sa mesure.
Car lourd est à porter
Le malheur, mais le bonheur est plus lourd.
Un sage pourtant a su
Du midi jusqu'à la minuit
Et jusqu'à ce que le jour resplendît,
Au banquet rester lucide.

Friedrich Hölderlin

lundi 24 janvier 2011

Prolongements




Ce qui est hors de moi est une imitation mal faite de ce qui est en moi.

Antonio Porchia

vendredi 14 janvier 2011

Fantômes




Il y aura toujours
une pierre une écorce
un reflet
pour arrêter ton regard.

Danièle Faugeras

mercredi 12 janvier 2011

Quand noël me met en boule




Ce qui ne bouge pas
passe
quand même.

Danièle Faugeras

lundi 10 janvier 2011

Le silence




Entends, mon fils, le silence.
C'est un silence ondulé,
un silence
où glissent échos et vallées
et qui fait s'incliner les fronts
vers le sol.

Federico Garcia Lorca

jeudi 6 janvier 2011

Sabliers de neige




des rails de fer
enfouis sous la neige
train en chemin

Abbas Kiarostami, Havres
(traduction Tayebeh Hashemi et Jean-Restom Nasser)

mardi 14 décembre 2010

Attraction




de l'arbre la pomme
est tombée
et moi
j'ai songé à ta force d'attraction

Abbas Kiarostami, Havres
(traduction Tayebeh Hashemi et Jean-Restom Nasser)

mardi 7 décembre 2010

Masque de neige




Je suis un habitant, mais d'où ?

Antonio Porchia

mardi 30 novembre 2010

Champ et hors champ




Rien, cette écume, vierge vers
À ne désigner que la coupe

samedi 27 novembre 2010

De traverse




Pour s'élever il faut s'élever, mais il faut aussi qu'il y ait hauteur.

Antonio Porchia

mardi 23 novembre 2010

Histoire(s) de fou(s)




entre l'homme prétendument malade
et l'homme prétendument normal
y'a l'Hôpital

Paolo Universo

lundi 22 novembre 2010

Exergue




On avance à tâtons
on dépense son corps en s'usant aux trottoirs
Il est vain d'accrocher les mots à notre chute
Et pourquoi écrire son âme si le ciel ne lit pas ?

François Migeot

samedi 13 novembre 2010

Divagation cinéphilique




Love



Hate

jeudi 11 novembre 2010

Porte à porte




Non, je n'entre pas. Car si j'entre il n'y a personne.

Antonio Porchia

samedi 6 novembre 2010

Rêve petit-bourgeois




Parfois ce que je désire et ce que je ne désire pas se font tant de concessions qu'ils en viennent à se ressembler.

Antonio Porchia

dimanche 31 octobre 2010

Je t'ignore, tu m'ignores




L'humanité ne sait plus où aller, parce que personne ne l'attend : pas même Dieu.

Antonio Porchia

mardi 26 octobre 2010

Effeuillage




L'enfant montre son jouet, l'homme le cache.

Antonio Porchia

jeudi 21 octobre 2010

Histoire de vessie et de lanterne




Où brille la moindre lampe, je n'allume pas la mienne.

Antonio Porchia