samedi 12 juin 2010

Illumination vespérale (triphasée)




où il y a des hommes
il y a aussi des mouches
il y a des Boudhas

Issa

mercredi 9 juin 2010

Illumination vespérale (monophasée)




Sa lumière est comparable à une niche
où se trouve une lampe.
La lampe est dans un verre ;
Le verre est semblable à une étoile brillante
Cette lampe est allumée à un arbre béni :
l'olivier qui ne provient
ni de l'Orient ni de l'Occident
et dont l'huile est près d'éclairer sans que le feu
la touche
Lumière sur lumière !

Salah Stétié, Lumière sur lumière ( extrait de la sourate al-Nour)

mardi 1 juin 2010

L'oeil a-t-il disparu ?




Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre
Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,
L'œil était dans la tombe et regardait Caïn.

Victor Hugo

jeudi 13 mai 2010

Lumières sur lumières




Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais.

Romain Gary

mardi 4 mai 2010

Flottement vénitien




Mon amour, le désespoir est une discipline du soir de ce moment soudain léger où les poids semblent envolés de ce moment perfide dont j'essaye d'écrire la couleur
Mon amour l'ivresse des choses uniques installe sa dentelle

La vie soudain exaltée est sublime et dérisoire
Tu entres dans l'inconstance du temps, les solides se liquéfient, l'air est sensible au geste

Fumi Yusano

mercredi 28 avril 2010

L'homme




Dans le silence. Avec le froid. Avec le chaud.
Face aux rochers. Entouré de murs.
Douloureux. Inquiet.
Ou bien joyeux, étalé par le plaisir filtrant.
Comme une prière à dire dans sa solitude, ni pour demander, ni pour remercier, mais pour être humble.
Pour qu'il n'écrive, ne représente, ne chante que sa condition.
Avec les animaux, prisonnier de sa gangue de chair.
Velu, fragile, odoriférant.
Avec la mort qui l'attend, qui structure sa vie, qui le marque du temps.
Sur sa boule ronde, petit, plus petit qu'une fourmi.
Groupé autour de la stèle magique, embrassant la pierre noire, homme pitoyable. Et qui pleure tourné vers l'horizon, parce qu'il est petit parmi les petits.
Pour qu'il se taise longtemps, et n'ose faire que des choses lucides et vraies.
Homme groupé, écrasé, priant.
Adore.
Adore.

J. M. G. Le Clézio

lundi 26 avril 2010

Et si le ciel était vide...




Toute chose existe par le vide qui l'entoure.

Antonio Porchia

samedi 24 avril 2010

Soupir...




Mais vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer.

Arthur Rimbaud

mercredi 21 avril 2010

Tri(e)ste




Il faudra bien qu'un jour j'étouffe le nomade,
Mais au coin de quel quai et dans quel port de mer,
(...)
Sur le seuil de quel bar, écœuré d'exotisme,
Aurai-je assez de force et le goût de tuer ?

Louis Brauquier