jeudi 19 août 2010

Le chant silencieux




Midi
comme un couvercle
palpite sur l'ébullition
du jour.

Sous le tilleul un monde
s'endort
dételé de la rumeur lointaine.

Une cigale
solitaire fracasse
l'invisible.
Rend un son à l'immobilité.

(Assourdissant le chant silencieux de l'étreinte).

Danièle Faugeras

lundi 26 juillet 2010

Coin de terre




je suis allongé
sur un coin de terre plat
qu'importe que la terre soit ronde ou pas

Abbas Kiarostami, Havres
(traduction Tayebeh Hashemi et Jean-Restom Nasser)

samedi 17 juillet 2010

Ces gens qui sont des arbres (2)




Je parle en pensant que je ne devrais pas parler : ainsi je parle.

Antonio Porchia

jeudi 18 février 2010

Buisson ardent




Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.

François Villon

mercredi 25 novembre 2009

Ô solitude




Ce ne peut être que la fin du monde, en avançant.

vendredi 20 novembre 2009

Confusion




Elle veut, elle veut, pourtant, l'âme en détresse,
Le front dans l'oreiller creusé par les cris sourds,
Prolonger les éclairs suprêmes de tendresse,
Et bave... - L'ombre emplit les maisons et les cours.

Arthur Rimbaud

jeudi 5 novembre 2009

Curieuse engeance




Certains, allez savoir pourquoi, presque toujours les mêmes, excellent dans l'art de faire la gueule. Curieuse engeance...

samedi 24 octobre 2009

Alter ego




Et la splendeur des cartes, chemin abstrait vers l'imaginaire concret,
Lettres et traits irréguliers ouvrant sur la merveille !

Fernando Pessoa

mardi 13 octobre 2009

L'embrasement




Le soir ?... Nous reprendrons la route
Blanche qui court
Flânant, comme un troupeau qui broute,
Tout à l'entour

Les bons vergers à l'herbe bleue
Aux pommiers tors !
Comme on les sent toute une lieue
Leurs parfums forts !

Nous regagnerons le village
Au ciel mi-noir ;
Et ça sentira le laitage
Dans l'air du soir ;

Ça sentira l'étable, pleine
De fumiers chauds,
Pleine d'un lent rythme d'haleine,
Et de grands dos

Blanchissant sous quelque lumière ;
Et, tout là-bas,
Une vache fientera, fière,
À chaque pas...

Arthur Rimbaud

dimanche 20 septembre 2009

Comment ça va ?




Si affaissé, brimé, si fini que tu sois, demande-toi régulièrement - et irrégulièrement - "Qu'est-ce qu'aujourd'hui encore je peux risquer ?"

Henri Michaux

mercredi 8 juillet 2009

Clepsydre




Ma mémoire aujourd'hui est un million de noms, de personnes et de choses, presque sans personnes et sans choses.

Antonio Porchia

dimanche 5 juillet 2009

Silhouette




Des yeux purs dans les bois
Cherchent en pleurant la tête habitable

René Char

mercredi 1 juillet 2009

Passeur d'eau




C'est la terre, mon Dieu! la terre que je cherche,
le pli de l'horizon : pulsation, sépulture.
La douleur qui s'achève, l'amour qui se consume,
la tour de sang ouverte avec des mains brûlées.

Federico Garcia Lorca

vendredi 26 juin 2009

Autoportrait sans traits




Quand je dis ce que je dis, c'est parce que m'a vaincu ce que je dis.

Antonio Porchia

samedi 20 juin 2009

Jeune fille à la perle




Nul ne comprenait le parfum
du magnolia sombre de ton ventre.
Nul ne savait que tu martyrisais
un colibri d'amour entre tes dents.

Federico Garcia Lorca

mercredi 17 juin 2009

Quand je ne verrai plus




SABLES MOUVANTS

Quand je ne verrai plus, et si je vois, je Vous verrai. Quand mes yeux ne verront plus cet homme, quand ce sera vos yeux partout. Quand Vous serez avec moi. Et Vous serez la montagne, et Vous serez le monde qui ne finira plus. Je n'aurai plus d'oreilles, et j'entendrai ce que Vous entendez. Mes yeux sont la pupille de vos yeux, mes oreilles sont le tympan de vos oreilles, et je me prosterne avec mes genoux pour me prosterner jusqu'à Vous, pour me prosterner devant Vous qui ne finissez plus.

Bernard Collin

mardi 9 juin 2009

Fixant l'azur




immobiles comme marbre toujours immobiles comme cette fois sur la pierre où cette fois dans les dunes étendus parallèles sur le sable fixant l'azur ou les yeux fermés azur noir azur noir immobiles comme marbre côte à côte la scène fait surface et vous y revoilà où que ce fût

Samuel Beckett

vendredi 1 mai 2009

De l'art de l'effacement




S A T O R
A R E P O
T E N E T
O P E R A
R O T A S

dimanche 5 avril 2009

Vague à l'âme




Les médecins ont tort d'appeler "cancer" le vague à l'âme des petits conduits.

samedi 4 avril 2009

Le souffle du couchant




Mais si l'on demande : à quoi bon des dieux dans la maison de l'hôte ?
A cela répondez :
(...)
un partage lie aussi les dieux
Car le statut de la vie lie tous les vivants.

Friedrich Hölderlin