
Ce ne peut être que la fin du monde, en avançant.
Le petit théâtre de NÛSSOUMELOK Ier, roi de Nulle Part
Le véritable voyageur "c'est celui qui, en chaque pays parcouru, par la seule rencontre des autres et l'oubli nécessaire de lui-même, y recommence sa naissance."

Elle veut, elle veut, pourtant, l'âme en détresse,
Le front dans l'oreiller creusé par les cris sourds,
Prolonger les éclairs suprêmes de tendresse,
Et bave... - L'ombre emplit les maisons et les cours.
Arthur Rimbaud
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Viennent des ères de silence, des ères de sécheresse et de pierre. Parfois, un soir quelconque, un jour sans nom, une Parole tombe et se pose légèrement sur cette terre sans passé.
Octavio Paz
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Certains, allez savoir pourquoi, presque toujours les mêmes, excellent dans l'art de faire la gueule. Curieuse engeance...
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Ne proclame pas tes buts. Même et surtout si tu les vois, ou crois les voir. Au départ déjà, te restreindre !
Henri Michaux
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Comme les pierres du Commencement
Comme le commencement de la Pierre
Comme le commencement pierre contre pierre
Voici les fastes de la nuit :
Le poème encore sans visage
Le bois encore sans arbres
Les chants encore sans nom
À pas de léopard c'est l'irruption de la lumière
La parole se lève ondule tombe
Et c'est une grande blessure un silence sans tâche.
Octavio Paz
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Et la splendeur des cartes, chemin abstrait vers l'imaginaire concret,
Lettres et traits irréguliers ouvrant sur la merveille !
Fernando Pessoa
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Le soir ?... Nous reprendrons la route
Blanche qui court
Flânant, comme un troupeau qui broute,
Tout à l'entour
Les bons vergers à l'herbe bleue
Aux pommiers tors !
Comme on les sent toute une lieue
Leurs parfums forts !
Nous regagnerons le village
Au ciel mi-noir ;
Et ça sentira le laitage
Dans l'air du soir ;
Ça sentira l'étable, pleine
De fumiers chauds,
Pleine d'un lent rythme d'haleine,
Et de grands dos
Blanchissant sous quelque lumière ;
Et, tout là-bas,
Une vache fientera, fière,
À chaque pas...
Arthur Rimbaud
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L'intemporel n'est pas plus occulté par le temporel que le temporel n'est occulté par l'intemporel. C'est entre tes mains, tout cela, l'un comme l'autre.
Henri Michaux
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...
Et vagabond d'un Monde absent
J'entraîne avec moi la nuit
Et la douleur avide de mes désastres obscurs
Et ma face est détruite et mon enfance en pleur.
Ma chute s'accomplit dans le silence
Ou des voix retentissent déchirantes et brisées
Ma chute illimitée vertigineuse et sans grandeur.
Jacques Prevel
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J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.
Arthur Rimbaud
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Si nul ne le rêvait
comment pourrait-il s'étoiler ?
L'homme a peu de racines
dans le bleu qui monte.
Fernand Ouellette
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Le haut étang fume continuellement. Quelle sorcière va se dresser sur le couchant blanc ? Quelles violettes frondaisons vont descendre ?
Arthur Rimbaud
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Si affaissé, brimé, si fini que tu sois, demande-toi régulièrement - et irrégulièrement - "Qu'est-ce qu'aujourd'hui encore je peux risquer ?"
Henri Michaux
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de même que toi tu n'es pas confident des Secrets
tu supposes que les autres ne le sont pas non plus

La terre rouge dont j'ai pris une poignée était plus rouge qu'ocre Et j'ai songé qu'un désir pouvait se transmettre comme une maladie
Fumi Yosano
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(...)
les saisons et les hommes coulent comme un seul fleuve interminablesous les arches de siècles,vers le centre vivant de l'origine, au-delà de la fin et du commencement.
Octavio Paz
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Ma mémoire aujourd'hui est un million de noms, de personnes et de choses, presque sans personnes et sans choses.
Antonio Porchia
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C'est la terre, mon Dieu! la terre que je cherche,
le pli de l'horizon : pulsation, sépulture.
La douleur qui s'achève, l'amour qui se consume,
la tour de sang ouverte avec des mains brûlées.
Federico Garcia Lorca
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Hommes et choses, montent, descendent, s'éloignent, se rapprochent. Tout est comédie de distances.
Antonio Porchia
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Nul ne comprenait le parfum
du magnolia sombre de ton ventre.
Nul ne savait que tu martyrisais
un colibri d'amour entre tes dents.
Federico Garcia Lorca
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SABLES MOUVANTS
Quand je ne verrai plus, et si je vois, je Vous verrai. Quand mes yeux ne verront plus cet homme, quand ce sera vos yeux partout. Quand Vous serez avec moi. Et Vous serez la montagne, et Vous serez le monde qui ne finira plus. Je n'aurai plus d'oreilles, et j'entendrai ce que Vous entendez. Mes yeux sont la pupille de vos yeux, mes oreilles sont le tympan de vos oreilles, et je me prosterne avec mes genoux pour me prosterner jusqu'à Vous, pour me prosterner devant Vous qui ne finissez plus.
Bernard Collin
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Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !
Charles Baudelaire
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(...) Notre royaume c'était une grande courbe de la voie ferrée qui finissait juste au bout du jardin. Il n'y avait rien d'autre que le ballast, les traverses, la double ligne des rails ; une herbe stupide et rare poussait entre les pierres (composées, comme on sait, de mica, et de quartz) qui brillaient comme de vrais diamants sous le soleil de deux heures. (...)
Julio Cortazar, Fin d'un jeu
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immobiles comme marbre toujours immobiles comme cette fois sur la pierre où cette fois dans les dunes étendus parallèles sur le sable fixant l'azur ou les yeux fermés azur noir azur noir immobiles comme marbre côte à côte la scène fait surface et vous y revoilà où que ce fût
Samuel Beckett
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Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.
Stéphane Mallarmé
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J'ai vécu dans la solitude, et je n'ai rencontré que de rares et puissants fantômes. Certains sont lumineux et m'aident à traverser ce désert. Les autres sont couverts de sang comme je suis couvert de sang.
Jacques Prével
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On a dit qu'il était passé
par le tamis des songes,
qu'il avait les reins fiévreux d'un chat,
qu'il retenait son âme avec les dents —
lambeau d'air et de bleu.
André Velter
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Si la lumière s'éteint, tu restes seul dans la nuit,
et ce sont tes yeux ouverts qui t'éclairent.
Philippe Jaccottet
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Rien, cette écume, vierge vers
À ne désigner que la coupe ;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l'envers.
Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l'avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d'hivers ;
Une ivresse belle m'engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut
Solitude, récif, étoile
À n'importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile.
Stéphane Mallarmé
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- Vers l'Azur attendri d'Octobre pâle et pur
Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie
Et laisse, sur l'eau morte où la fauve agonie
Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,
Se traîner le soleil jaune d'un long rayon.
Stéphane Mallarmé
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Je rêve aux images élémentaires, aux rêves que d'autres, en d'autres situations, d'autres temps et lieux, en des corps différents surtout...ont pu avoir. Leurs images de base - fondements de leur tempérament -, répondant à leurs faims, leurs besoins, leurs penchants, si je pouvais les voir..., à leur débouché comme elles leur arrivent dans l'abandon nocturne, lorsque des accidents de la vie, y ayant jeté le trouble, celui-ci alors les leur remet brusquement en lumière, en désordre, à la diable, groupés avec de l'hétérogène, dans une simultanéité inattendue - baroque et cocasse accord d'un merveilleux sans pareil, ambigu et traître -
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moi, directement me nourrissant de leur matérialité muée.
Henri Michaux
Libellés : Michaux Henri, photos, reflets, textes


