jeudi 5 mars 2009

Humain, trop humain




sans doute en nous il tourne une



autre terre autour d'un autre



soleil car le jour en nous n'a pas de fin le soleil



en nous ne se couche pas



sans doute en nous il tourne une
autre terre autour d'un autre
soleil car le jour en nous n'a pas de fin le soleil
en nous ne se couche pas

Henri Meschonnic



vendredi 27 février 2009

Regarde




Regarde,
L'arbre, le parapet de la terrasse,
L'aire, qui semble peinte sur le vide,
Les masses du safran clair dans le ravin,
À peine frémissent-ils, reflet peut-être
D'autres arbres et d'autres pierres sur un fleuve.
Regarde !

Yves Bonnefoy

dimanche 22 février 2009

Ces gens qui sont des arbres




L'homme, quand il est seulement ce que semble être l'homme, n'est presque rien.

Antonio Porchia

vendredi 20 février 2009

Au milieu de cette agitation




Et, au milieu de cette agitation, ils passaient, absorbés, comme deux hommes traversant à vive allure une vaste solitude.

lundi 16 février 2009

Rondeur




Tombeau de Petite

Petite m'aimait je ne sais trop pourquoi
Petite aux narines des roses sur la vie lente
Sans autre nom que Petite et le parfum des plantes
Petite d'un jardin comme tes mains sur moi

Le lierre emporte les maisons loin de la terre
Et l'amandier traverse enfin les murs
Petite me disait restons dans la lumière
Mais la nuit couvrait l'âme de forêts d'oiseaux durs

Petite aimait le monde aux soleils de la neige
Sommes allés Petite et sommes revenus
Par la route où craquaient les lis de tes joues fraîches
Petite était malade est morte et blanche laisse
Au ciel passer les jours qu'elle n'a pas connus.

Jean-Philippe Salabreuil

vendredi 13 février 2009

L'homme sans visage



S..., 10 ans

L'homme sans visage est si précieux qu'on le trouve dans tous les orchestres, il n'a pas d'yeux mais l'écoute.

S...

mercredi 11 février 2009

La réalité des pierres




Je ne connais du monde que la réalité des pierres pour les avoir reçues à toute volée à la face. Je ne les ai pas rejetées après qu'elles retombèrent à mes pieds avec un bruit sans écho. Mais je les garde avec la terre qui leur servit d'empreinte. Je les garde comme une gangue arrachée après une lutte sans merci. Elles contiennent je le sais ma seule et véritable puissance. À travers leur opacité sanglante, le monde me fut révélé, et je n'aurais jamais reçu le don sans leur arête sur ma chair.

À travers leur opacité je sais que le monde est présent (...)

Jacques Prevel

mardi 10 février 2009

Holà !



Honoré Daumier, Crispin et Scapin.

Depuis que moi seul sais ce qui m'arrive, il ne m'arrive rien.

Antonio Porchia

dimanche 8 février 2009

Fruits défendus




Ont pouvoir sur moi, plus que tous les infinis, mes trois ou quatre habitudes innocentes.

Antonio Porchia

samedi 7 février 2009

Bis repetita



S..., 10 ans

Gloire à Dieu pour les choses bariolées,
Pour les cieux de tons jumelés comme les vaches tavelées,
Pour les roses grains de beauté mouchetant la truite qui nage ;
Les ailes des pinsons ; les frais charbons ardents des marrons chus

G. M. Hopkins

mercredi 4 février 2009

Humanimalité




La douleur humaine, quand elle dort, n'a pas de forme. Si on la réveille, elle prend la forme de qui la réveille.

Antonio Porchia

samedi 31 janvier 2009

Fuir ! là-bas fuir !




La chair est triste, hélas
! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
(...)

Stéphane Mallarmé

mercredi 28 janvier 2009

Bienvenue aux Nations Unies


lundi 26 janvier 2009

Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent...


samedi 24 janvier 2009

Sohrâb Sepehri : peintures (10)















mardi 20 janvier 2009

Ouvrez, ouvrez-moi...




Ouvrez, ouvrez-moi, mes beaux anges,
— Car j'ai mangé d'un pain amer —
De mon vivant la porte du ciel —
Même si cela vous est interdit.

Else Lasker-Schüler

vendredi 9 janvier 2009

Coucher de soleil sur Gaza


collage

ne me reste plus
que l'errance dans ton ombre qui est mon ombre
ne me reste plus
que d'habiter ta voix qui est ma voix...

************
- la voie est-elle devenue étroite, ô camarade
alors qu'elle commence à tes pas ?
- Assiégé par la mer et les livres saints
- Sommes-nous finis ?
- Non. Nous résisterons comme les monuments anciens
nous résisteront au temps comme les crânes des morts
comme l'air et le regard des martyrs, nous résisteront...

************
il comprend -m'a-t-il dit- que la patrie
c'est de boire le café de sa mère
et de rentrer au soir...

Mahmoud Darwich (extraits de Rien qu'une autre année)

lundi 5 janvier 2009

En vain se donne à tes yeux...




En vain se donne à tes yeux ce qui se donne à tes yeux, si tu n'as personne à qui en rendre grâce.

Antonio Porchia

vendredi 2 janvier 2009

Citadine




Gloire à Dieu pour les choses bariolées,
Pour les cieux de tons jumelés comme les vaches tavelées,
Pour les roses grains de beauté mouchetant la truite qui nage ;
Les ailes des pinsons ; les frais charbons ardents des marrons chus

G. M. Hopkins

samedi 20 décembre 2008

Nature et culture




Un ami, une fleur, une étoile ne sont rien, si tu ne mets en eux un ami, une fleur, une étoile.

Antonio Porchia

vendredi 12 décembre 2008

Vues des anges...peut-être...




Vues des anges, les cimes des arbres peut-être
sont des racines, buvant les cieux ;
et dans le sol, les profondes racines d'un hêtre
leur semblent des faîtes silencieux.

Rainer Maria Rilke

mardi 9 décembre 2008

Sohrâb Sepehri : Jusqu'à la pulsation humide du matin



S. Sepehri



Jusqu'à la pulsation humide du matin

Ah ! Quelle splendeur dans le don des surfaces !
Ô noble cancer de la solitude,
Que ma surface te soit octroyée !

Une personne est venue
Qui a prolongé ma main
Jusqu'aux muscles du paradis.
Une personne est venue portant la clarté du matin des religions
Au milieu des boutons de sa chemise.
Elle tissait des fenêtres
Avec l'herbe sèche de versets anciens.
Comme les avant-hiers de la pensée, elle était jeune.
Son gosier s'était empli
Du caractère bleu des fleuves.
Une personne est venue qui a emporté mes livres.
Au-dessus de ma tête, elle a tiré le dais de l'harmonie des fleurs,
Elle a déployé mon soir en lucarnes répétées,
Elle a disposé ma table sous la spiritualité de la pluie.
Puis, nous nous sommes assis,
Nous avons parlé de minutes boisées,
De mots dont la vie s'écoulait au cœur de l'eau.
Notre séjour sous les nuages opportuns
Tel le corps étourdi d'une impromptue colombe
Occupait un délicieux volume.

C'était le milieu de la nuit, dans l'agitation des fruits
La silhouette des arbres se fit étrange,
Le fil moite de notre sommeil s'égara.
Puis
La main se baigna dans les prémices du corps.
Puis, dans les entrailles humides de l'orme du jardin
Ce fut le matin.


Poème extrait de VOLUME VERT de Sohrâb SEPEHRI
(traduit du persan par Tayebeh HASHEMI et Jean-Restom NASSER)

mardi 2 décembre 2008

Reproduction




La réalité des pierres...

mardi 25 novembre 2008

Saillies




"De la plante des pieds elle épouse la terre, talon voûte orteil posent des baisers de chair sur le sol sablonneux, les cailloux du chemin, les herbes tendres et les herbes dures des sentiers du rêve, car le rêve est le monde, et dans ce monde les humains se mettent en marche, passé présent et avenir confondus dans une même aventure, portés par le rêve de leurs pieds les humains parcourent le vaste espace, défaits de toute lourdeur les humains nomment et animent le monde, leurs pieds nomment toute chose du chemin, arbre pierre rivière, donnent histoire à toute chose, et les peuples se croisent, peuplent le monde de réseaux, des pieds par myriades foulent le sol en suivant les dessins du tableau, jaune, rouge, la terre se pique de myriades de pas, pour seule richesse et possession les humains ont leurs pas, leurs pas mot après mot qui tracent des phrases dans l'espace...."

Alina Reyes

dimanche 23 novembre 2008

S. Sepehri : Au jardin des compagnons de voyage


S. Sepehri


Au jardin des compagnons de voyage

Appelle-moi.
Ta voix est bonne,
Ta voix est la chlorophylle de cette plante étrange
Qui pousse aux intimes confins de la mélancolie.

Face aux dimensions de cette ère silencieuse,
Moi, je suis plus seul que la saveur d'une mélodie dans le champ de perceptions d'une ruelle.
Viens, que je dise pour toi combien ma solitude est grande.
Mais ma solitude ne prévoyait pas l'attaque nocturne de ton volume,
Et le propre de l'amour c'est cela.

I1 n'y a personne,
Viens, dérobons la vie
Et partageons-la entre deux rencontres.
Viens, qu’ensemble nous comprenions quelque chose à l'état de la pierre.
Viens, et plus vite nous apercevrons les choses.
Vois les aiguilles du jet d'eau sur le cadran du bassin :
Elles transforment le temps en poussière.
Viens te dissoudre comme un mot dans la ligne de mon silence,
Viens fondre au creux de ma main le corps luminescent de l'amour.

Réchauffe-moi
(D'ailleurs un jour, dans la steppe de Kâchân, le temps se couvrit,
I1 tomba une forte pluie,
Et j'eus froid ; alors, à l’abri d'une pierre,
L'âtre du coquelicot me réchauffa.).

Dans ces venelles obscures,
Moi, j'ai peur du fruit de la multiplication du doute et de l'allumette,
J'ai peur des surfaces cimentées du siècle.
Viens et je n'aurais plus peur de ces villes dont la terre noire sert de pâture aux grues.
Ouvre-moi, porte donnant sur la chute des poires dans cette ère d'ascension de l'acier.
Endors-moi sous une branche loin de la nuit des frictions du métal.
Si l’orpailleur du gisement de matins arrive, appelle-moi !
Et, au lever d’un lilas derrière tes doigts, je m'éveillerai.
Alors
Raconte ces bombes tandis que je dormais, et qui tombèrent.
Raconte ces joues tandis que je dormais, et qui se mouillèrent.
Dis combien d'oiseaux s'envolèrent de sur la mer,
Et dans ce branle-bas des chenilles de tank passant sur un rêve d'enfant,
Au pied de quelle sensation de repos le canari fixa le fil jaune de son chant.
Dis quelle innocente marchandise pénétra dans les ports,
Quelle science découvrit la musique positive de l'odeur de la poudre,
Quelle perception de l'inconnue saveur du pain exsuda des papilles de la prophétie.

Alors moi, telle une foi chaude du feu de l'équateur,
Je t'assiérai au commencement d'un jardin.


Poème extrait de VOLUME VERT de Sohrâb SEPEHRI
(traduit du persan par Tayebeh HASHEMI et Jean-Restom NASSER)

mardi 11 novembre 2008

De la crudité

Une vue de ma pauvre pensée insuffisamment critique...



"Au sens usuel et étroit, le terme « anthropomorphisme » définit le procédé erroné et illégitime par lequel une pensée insuffisamment critique attribue à des objets situés hors du domaine humain - objets naturels ou objets divins - des prédicats empruntés à la détermination du domaine humain, à des fins explicatives ou simplement représentatives. Concept essentiellement critique, sa fonction est de dénoncer une erreur d'un type particulier, sorte de vice inhérent à la nature humaine, propension de l'homme à se représenter sous forme humaine tout ce qui n'est pas lui, soit comme effet d'une simple projection, soit sous une forme conceptuellement élaborée et presque doctrinale. Dans un sens large et moins usité, pris à la lettre de son étymologie, ce terme peut désigner l'acte de doter quelque chose de la forme humaine : créer de toutes pièces un objet ayant forme humaine au sens plastique du terme, ou revêtir un objet déjà existant de forme ou d'attributs humains. Ce concept nous renvoie alors, dans un sens positif, à une activité créatrice et significative par elle-même..."

Définition empruntée à la partie gratuite de "universalis.fr Le portail de la connaissance"

mardi 28 octobre 2008

Automnales



















J'ai trouvé le plus beau des fleurs dans les fleurs tombées.

Antonio Porchia

samedi 25 octobre 2008

Sohrâb Sepehri : Clair feuillet d'heures


S. Sepehri


Clair feuillet d'heures

Sous l'assaut de la lumière les carreaux de la porte vibraient.
Ce fut le matin, le soleil surgit.
Nous bûmes le thé sur le pré de la table.

À neuf heures les nuages apparurent, les clôtures furent mouillées.
Mes petits instants étaient tapis sous les capucines.
Il y avait une poupée derrière la pluie.

Les nuages s'en furent.
Un air limpide, un moineau, un envol.
Où sont mes ennemis ?
Je pensais :
En présence des géraniums la cruauté fondra.

J'ouvris la porte : un morceau de ciel tomba dans mon verre d'eau,
Je bus l'eau avec le ciel.
Mes petits instants faisaient des rêves de pur argent.
J'ouvris mon livre sous l'invisible plafond de l'heure.

Ce fut la mi-journée.
L'odeur du pain voyageait entre l'ensoleillement de la nappe et la perception du corps de la fleur,
Le pâturage des perceptions verdoyait.

Ma main flotta dans les couleurs innées de l'être :
J'épluchais une orange.
On voyait la ville dans le miroir.
Où sont mes amis ?
Que leurs jours soient d'orange !

Derrière la vitre, de la nuit tant que tu en voulais.
Dans ma chambre résonnait le choc de mes doigts contre le zénith,
Dans ma chambre parvenait le bruit de fléchissement des critères,
Mes petits instants pensaient jusqu'aux étoiles.
Le sommeil édifiait des choses sur mes yeux :
Un espace ouvert, les sables du fredonnement, les traces de pas de l'ami…


Poème extrait de VOLUME VERT de Sohrâb SEPEHRI
(traduit du persan par Tayebeh HASHEMI et Jean-Restom NASSER)

mercredi 15 octobre 2008

La rose est sans pourquoi




La rose est sans pourquoi,
Fleurit parce qu’elle fleurit,
N’a pas souci d’elle-même,
De ne pas être vue.


Angelus Silesius

samedi 11 octobre 2008

Qui, si je criais, qui donc entendrait mon cri...




Qui, si je criais, qui donc entendrait mon cri parmi la hiérarchie
des Anges ? Et cela serait-il, même, et que l'un d'eux soudain
me prenne sur son cœur : trop forte serait sa présence
et j'y succomberais.

Rainer Maria Rilke

dimanche 28 septembre 2008

Sohrâb Sepehri : Sur la paupière de la nuit


S. Sepehri


Sur la paupière de la nuit

Ce fut une nuit prodigue.
Du pied des sapins la rivière s'en allait vers les au-delàs.
La vallée baignait dans le clair de lune, et la montagne était si lumineuse que Dieu se
faisait visible.

Dans les hauteurs, nous.
Lointains évanouis, surfaces lavées, le regard plus fin qu'en toute nuit.
Tes mains me tendaient la tige verte d'un message
Et la faïence du côtoiement se fendillait lentement sous ton souffle
Et nos battements coulaient à la pierre.
D'un vin vieux, le sable de l'été dans les veines
Et le vernis du clair de lune sur tes gestes.
Toi merveille, toi libre, et digne de la terre.

Le verdoyant laps de vie rejoignait l'air frais des montagnes.
Les ombres repartaient,
Et sur le chemin de la brise, encore,
Des pouliots qui remuaient,
Des attirances qui s'enchevêtraient.


Poème extrait de VOLUME VERT de Sohrâb SEPEHRI
(traduit du persan par Tayebeh HASHEMI et Jean-Restom NASSER)

jeudi 25 septembre 2008

Apostrophes




Ne fais pas de ta vie un désert. N'en expulse
Ni Dieu ni les divins qui t'ont permis de vivre
Un peu plus qu'un instant ici même où tu es
Sans que tu saches la raison.

Robert Marteau

mercredi 24 septembre 2008

Portrait à la dînette




Il vit au sein de sa force tendre,
Encore sans désir, sans mémoire,
L'enfant

Luis Cernuda

lundi 22 septembre 2008

Portrait


vendredi 19 septembre 2008

Sohrâb Sepehri : Un message en chemin


S. Sepehri


Un message en chemin

Un jour
Je viendrai, et j'apporterai un message.
Dans les veines, je verserai de la lumière,
Et je crierai : holà, vos paniers pleins de sommeil ! Voici la pomme, la pomme rouge du soleil !

Je viendrai, je donnerai du jasmin au mendiant.
La belle lépreuse, je lui offrirai d'autres pendeloques.
À l’aveugle, je dirai : quel spectacle le jardin !
Je me ferai camelot, je parcourrai les rues, je claironnerai : ohé rosée, rosée, rosée !
Un passant dira : en vérité, c'est une nuit obscure. Je lui donnerai une galaxie.
Sur le pont, une fillette sans jambes : j'accrocherai la Grande Ourse à son cou.
Chaque insulte, je l'écarterai des lèvres,
Chaque mur, je l'arracherai.
Aux brigands, je dirai : une caravane arrive, chargée de sourires !
Je déchirerai le nuage.
Je nouerai les yeux au soleil, les cœurs à l'amour, les reflets à l'eau, les branches au vent.
J'attacherai le sommeil de l'enfant au crissement des cigales.
Les cerfs-volants, je les lâcherai dans l'air.
Les pots de fleurs, je les arroserai.

Je viendrai au-devant des chevaux, des vaches, je verserai l'herbe verte des caresses.
La jument assoiffée, je lui apporterai un seau de rosée.
L'âne rabougri sur le chemin, je chasserai ses mouches.

Je viendrai sur chaque mur, j’y planterai un œillet.
Au pied de chaque fenêtre je dirai un poème.
À chaque corbeau j’offrirai la branche d’un pin.
Au serpent, je dirai : quelle splendeur la grenouille !
Je réconcilierai.
Je rapprocherai.
Je marcherai.
Je boirai la lumière.
J'aimerai.


Poème extrait de VOLUME VERT de Sohrâb SEPEHRI
(traduit du persan par Tayebeh HASHEMI et Jean-Restom NASSER)

mardi 16 septembre 2008

Sohrâb Sepehri : peintures (9)









samedi 13 septembre 2008

Drame




À chaque nouveau drame je me demande : Est-ce celui-ci le drame ?

Antonio Porchia