
je vais d'un pas
ferme
sur un chemin
à l'issue incertaine
Abbas Kiarostami
Le petit théâtre de NÛSSOUMELOK Ier, roi de Nulle Part
Le véritable voyageur "c'est celui qui, en chaque pays parcouru, par la seule rencontre des autres et l'oubli nécessaire de lui-même, y recommence sa naissance."

Tout comme le corps est assujetti aux mots pour devenir habitable au sujet, les choses doivent devenir des mots pour que l'homme accède à leur présence.
Pierre Legendre
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L'homme juge tout de la minute présente, sans comprendre qu'il ne juge qu'une minute : la minute présente.Antonio Porchia
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Nous voyons par quelque chose qui nous illumine ; par quelque chose que nous ne voyons pas.Antonio Porchia
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pleurer
ce n'est pas que verser des larmes
c'est faire des ricochets
parfois
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Au milieu du chemin de notre vie
je me retrouvai par une forêt obscure,
car la voie droite était perdue.
Dante

Je ne pense rien je ne comprends rien
Je suis comme une pierre qui retrouverait sa forme primitive
Quand elle fut rejetée sur une plage déserte
Et que tout commença et se perdit de la même façon
Jacques Prevel
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Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
Arthur Rimbaud
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Hier, la fleur pâlie!... hier, le rocher sombre
Qui, géant, se dressait, et qu'a rongé le flot!
Hier, un soleil mort! une gloire dans l'ombre!
Hier!... qui fut ma vie, et qui n'est plus qu'un mot!...
Stéphane Mallarmé
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Qu'on ne lui couvre pas le visage de mouchoirs
afin qu'il s'habitue à la mort qu'il porte.
Pars, Ignacio: ne regrette pas le chaud mugissement.
Dors, vole, repose : la mer aussi se meurt!
Federico Garcia Lorca
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Entends, mon fils, le silence.
C'est un silence ondulé,
un silence
où glissent échos et vallées
et qui fait s'incliner les fronts
vers le sol.
Federico Garcia Lorca
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des rails de fer
enfouis sous la neige
train en chemin
Abbas Kiarostami, Havres
(traduction Tayebeh Hashemi et Jean-Restom Nasser)
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de l'arbre la pomme
est tombée
et moi
j'ai songé à ta force d'attraction
Abbas Kiarostami, Havres
(traduction Tayebeh Hashemi et Jean-Restom Nasser)
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Parfois ce que je désire et ce que je ne désire pas se font tant de concessions qu'ils en viennent à se ressembler.
Antonio Porchia
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La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.
Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut.
Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres.
Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit.

Fourmillante cité, cité pleine de rêves,
Où le spectre en plein jour raccroche le passant!
Les mystères partout coulent comme des sèves
Dans les canaux étroits du colosse puissant.
Un matin, cependant que dans la triste rue
Les maisons, dont la brume allongeait la hauteur,
Simulaient les deux quais d'une rivière accrue,
Et que, décor semblable à l'âme de l'acteur,
Un brouillard sale et jaune inondait tout l'espace,
Je suivais, roidissant mes nerfs comme un héros
Et discutant avec mon âme déjà lasse,
Le faubourg secoué par les lourds tombereaux.
(...)
Charles Baudelaire
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J'ai déjà disparu dans mon impuissance. J'ai déjà renoncé dans mon inimaginable. Je suis déjà soustrait, arraché, promis au vide. Je suis déjà mort, oui, mort des millions de fois à chaque geste que je faisais pour être vivant.
J.M.G. Le Clézio
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